Le pavillon béninois arboré par le pétrolier DF Peak se trouve au centre d’une enquête ouverte à La Réunion après l’arraisonnement du navire par la Marine française. L’intervention a eu lieu lundi 12 octobre à environ 450 milles nautiques au sud de l’île, alors que les autorités françaises soupçonnaient le bâtiment de naviguer sous une fausse immatriculation.

L’état-major des armées a indiqué que l’opération avait été menée sur le fondement de l’article 110 de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, qui autorise la vérification de la nationalité d’un navire dans certaines circonstances. Selon son communiqué, l’examen des documents présentés à bord a confirmé les doutes sur la régularité du pavillon affiché.

À la demande de la procureure de la République, le DF Peak a été dérouté vers un mouillage au large de La Réunion, où les vérifications judiciaires doivent se poursuivre. Paris le soupçonne aussi d’être impliqué dans des transports illicites de carburants et de faire partie de la flotte dite fantôme qui permet à la Russie de maintenir ses exportations pétrolières malgré les sanctions occidentales.

Le navire de 244 mètres, précédemment nommé Kaliningrad, figure sur les listes de sanctions des États-Unis, du Royaume-Uni et de l’Union européenne depuis 2024. Les données maritimes citées par Reuters le donnent actuellement géré par une société établie à Hong Kong. L’agence précise qu’il était partiellement chargé et avait été signalé au large de Madagascar le 12 octobre après avoir quitté le Venezuela.

L’utilisation contestée du pavillon béninois n’est pas sans précédent. En juin, les autorités maritimes du Bénin avaient démenti tout lien avec plusieurs pétroliers de la flotte fantôme et rappelé que le registre national n’avait jamais été ouvert à l’international. L’Organisation maritime internationale répertorie par ailleurs le Bénin parmi les États ayant signalé des cas de registres frauduleux de navires.

L’ambassade de Russie en France a qualifié l’arraisonnement d’acte de piraterie et déclaré chercher à savoir si des ressortissants russes figurent parmi les membres d’équipage. Cette réaction, relayée par l’agence russe RIA et Reuters, n’a pas modifié la procédure française, le navire restant sous escorte vers La Réunion.