Le football congolais s’apprête à ouvrir un nouveau chapitre de son histoire. Le coup d’envoi de la 32e édition de la Linafoot Ligue 1 est prévu pour ce mardi 20 octobre 2026, tandis que la Ligue 2 lancera sa saison quelques jours plus tard. À la tête de la Fédération Congolaise de Football Association (FECOFA), Véron Mosengo entame un premier exercice particulièrement attendu avec son projet de refondation du football congolais.

Face aux réformes à engager, aux contraintes logistiques à surmonter et aux exigences de transparence, le nouveau comité exécutif de la fédération est attendu au tournant.

Avant l’arrivée de Véron Mosengo à la tête de la FECOFA, le football congolais a été confronté à des lenteurs administratives. Certains litiges entre clubs traînaient pendant plusieurs mois, parfois jusqu’après la clôture de la saison. Les questions liées à l’arbitrage, à la sécurité dans les stades et à l’équité des décisions ont également alimenté les discussions.

La Ligue Nationale de Football qui organise les championnats nationaux sous l’autorité de la FECOFA, éprouvait aussi des difficultés à faire respecter son calendrier. Certaines rencontres étaient reportées, tandis que des clubs privilégiaient parfois leurs engagements dans les compétitions interclubs de la CAF au détriment du championnat national.

Pour cette nouvelle saison, Véron Mosengo devra donc imposer une véritable feuille de route à la LINAFOOT. L’objectif est clair : garantir une compétition mieux organisée, réduire les retards et éviter que le championnat ne s’achève plusieurs mois après la date prévue.

Un autre dossier sensible : l’arbitrage. Régulièrement au centre des controverses, ce secteur nécessite des réformes capables de renforcer la crédibilité des compétitions nationales.

Des premiers signes de préparation sont toutefois apparus. Au début de ce mois d’octobre, la Commission nationale des arbitres (CNA), avec l’appui de la FECOFA, a organisé des séminaires de formation et renforcement des capacités à l’intention des arbitres retenus pour la Ligue 1 2026-2027.

Ces assises constituent une véritable étape importante. Reste désormais à savoir si cette préparation se traduira sur le terrain par des prestations plus convaincantes, des décisions cohérentes et une meilleure gestion des rencontres sportives.

La logistique représente un autre défi majeur pour le comité exécutif. Les déplacements entre les différentes provinces compliquent régulièrement la préparation des équipes et le respect de calendrier.

La saison dernière, plusieurs clubs du groupe B ont notamment été confrontés à l’insuffisance des vols disponibles et aux contraintes des horaires. Certaines équipes ont dû disputer leurs rencontres à kindu avant de reprendre l’avion le soir même pour regagner Kinshasa.

Une telle situation risque de se reproduire si des solutions durables ne sont pas trouvées. La FECOFA et la LINAFOOT devront mieux anticiper les déplacements, coordonner les rencontres et tenir compte des réalités géographiques du pays.

La question financière reste également déterminante. Selon nos informations, la Linafoot devrait bénéficier d’une enveloppe de 100.000 dollars américains pour organiser le championnat national.

Ce montant paraît limité au regard de l’ampleur des besoins d’une compétition disputée sur un territoire aussi vaste que la RDC. Face aux déplacements, l’organisation des matchs et les exigences administratives, les charges semblent être nombreuses.

Malgré ces contraintes, cette enveloppe pourrait contribuer à améliorer l’organisation du championnat, à condition que les ressources soient utilisées efficacement et que les priorités soient clairement définies.

La refondation du football congolais ne se mesurera pas uniquement aux annonces et aux séminaires organisés avant le démarrage de la saison. Elle se jugera surtout sur des résultats concrets : un calendrier respecté, un arbitrage crédible, des décisions administratives rendues dans des délais raisonnables et de meilleurs conditions de déplacement pour les clubs.

Jérémie Ngeleka