la RD Congo poursuit sa marche vers le sommet du football, africain d’abord, puis mondial un jour ou l’autre. Le pays de Lumumba est sur une progression à rendre jalouses plusieurs nations du continent. Après une campagne de Coupe du monde 2026 particulièrement réussie, les Léopards ne sont pas du tout prêts à baisser la garde, au contraire; les batteries sont chargées pour des bien meilleures aventures.
Mais derrière cette génération dorée se cache une stabilité particulièrement marquante depuis plusieurs années : le poste de latéral gauche, traditionnellement appelé numéro 3. C’est un poste qui n’a jamais été une simple affaire de numéro. En RDC, il possède une histoire intéressante, marquée par des joueurs aux profils différents, tous talentueux chacun à son niveau.
L’ancien capitaine des Léopards est considéré comme référence au poste de latéral gauche dans la sélection congolaise. Les plus jeunes ne le reconnaîtront sûrement pas, car c’est en 2004, soit qu’il faisait ses débuts en sélection à 22 ans. Il porta les couleurs de la RDC jusqu’en 2011, jouant chaque match comme si c’était le dernier. 7 ans durant, l’ancien joueur de West Ham United a inscrit discrètement son nom dans la légende du football congolais. Son apport et ses traces chez les Léopards font de lui l’un des meilleurs joueurs congolais au 21e siècle. Mais il est surtout celui qui a estampillé ce poste de latéral gauche d’une marque d’exigence maximale, en qualité individuelle et.
Jean Kasusula et Padou Ebunga Nsimbi se battront jusqu’au bout la succession de Hérita Ilunga. L’ancien défenseur de VClub semblait avoir de l’avance sur celui du TP Mazembe mais il sera devancé, à cause de ses propres choix de carrière. Ebunga ne joue que quelques matchs avec les Léopards Seniors avant que Jean Kasusula prenne les pouvoirs. Le mythique latéral gauche du TP Mazembe s’est imposé comme l’une des figures importantes de ce poste dans le football congolais après 2010.
Son palmarès suffit à mesurer sa portée. Avec le TP Mazembe, Kasusula a remporté trois Ligues des champions de la CAF, deux Coupes de la Confédération, plusieurs titres nationaux et a participé à la finale de la Coupe du monde des clubs en 2010 face à l’Inter Milan.
Kasusula est celui qui apparaît le plus dans le XI de départ de la RDC dans la foulée de la retraite de Hérita Ilunga, et il relève avec succès le défi difficile être successeur non désigné de l’ancien capitaine. Entre 2011 et 2015, Jean Kasusula assure dans le flanc gauche de la défense congolaise avec notamment une trentaine de sélections. Il a prend de l’envol sous les ordres de Florent Ibenge et fut un des intouchables de l’équipe qui a raflé la médaille de bronze à la CAN 2015. L’héritage transmis est bien reçu, mais Kasusula prend vite de l’âge et ne peut tenir longtemps. C’est là qu’un nom inattendu fait son apparition.
Puisque la tradition veut que le poste latéral gauche en équipe nationale soit occupé par un joueur doté d’un talent exceptionnel et des qualités techniques rares, Florent Ibenge réussira à faire émerger un certain Joyce Lomalisa. Un jeune joueur de l’AS VClub qui a rapidement marqué les esprits à ce poste au point que les folles comparaisons entre lui et les grandes stars du foot évoluant à ce poste, ont vu le jour, notamment sur la RTNC. Joyce Lomalisa s’est révélé avec les Léopards locaux et a participé au sacre de la RDC au CHAN 2016. Il était aussi titulaire lors de la CAN 2017, où il n’a été que l’ombre de lui-même et coupable sur le penalty du Ghana qui élimina les Léopards en quart de finale. Ce match sonna la fin brutale de la coqueluche Lomalisa en sélection et le début de sa descente aux enfers en club. Une étoile dont l’éclat n’aura duré qu’une année et les Congolais restèrent sur leur soif.
Un Moscovite pour un autre. Après Lomalisa, c’est Glody Ngonda qui prend le relais au poste de latéral gauche. Lui, aussi gagne progressivement sa place dans la hiérarchie. Ses performances en club vont lui donner du crédit aux yeux du public congolais. Mais son temps de règne en sélection se heurte à la venue de Arthur Masuaku, alors joueur de West Ham, au sommet de sa carrière. Ngonda résistera à cette concurrence pendant au moins 2 ans, passant souvent pour le premier choix de Florent Ibenge devant Arthur Masuaku. Mais l’arrivée de Christian Nsengi sur le banc change tout. Glody Ngonda est relégué au second rang et les clés du poste de latéral gauche seront confiées au roi Arthur.
Aujourd’hui, le décor est différent. Arthur Masuaku est indéboulonnable depuis 2019. Par sa personnalité et son jeu sans plus musclé, il a donné une nouvelle dimension à ce poste. Joris Kayembe est venu pour le renforcer et être doublure sûre. Les deux joueurs forment une nouvelle génération de latéraux gauches congolais, avec des profils davantage tournés vers la construction et l’apport offensif.
Malgré les critiques proférées à son encontre, Arthur Masuaku a toujours prouvé match après match qu’il est le patron du couloir gauche. Lors de la Coupe du monde 2026, il n’a pas seulement occupé son couloir. il a été l’une de principales menaces de la RDC, passeur décisif contre le Portugal. Masuaku n’est donc pas un défenseur chargé de fermer son couloir et rien de plus. Il rentre dans le jeu, fait progresser le
jeu de l’équipe, casse des lignes et participe aussi à la création.
De l’autre côté, Joris Kayembe propose un profil différent, mais tout aussi intéressant. International congolais depuis 2023, le joueur de Genk possède également une expérience importante du football européen. Son profil de joueur de couloir lui permet d’apporter de la profondeur, de l’activité et une capacité à évoluer aussi bien comme latéral que dans une position plus avancée sur le côté.
L’histoire du numéro 3 congolais est donc celle d’une évolution. Avec Kasusula, le poste était associé à la régularité, à la qualité technique et à une formidable capacité à se projeter. Avec Lomalisa, Ngonda et d’autres prétendants, la RDC a tenté de prolonger cette tradition sans parvenir à installer une continuité comparable. Aujourd’hui, avec Masuaku et Kayembe, le poste possède deux profils expérimentés, habitués au haut niveau européen et capables d’apporter davantage dans le jeu offensif.
Alors qu’Arthur Masuaku tend progressivement vers le crépuscule de sa carrière internationale, la RDC peut se frotter les mains. Le couloir gauche devrait être couvert par une nouvelle étoile montante. Jordy Makengo est vu comme une option plausible pour assurer la relève. Le latéral de Fribourg qui a effectué ses premiers pas en sélection incarne contre l’Ouganda le 01 Octobre dernier incarne le présent et l’avenir à ce poste. Son profil offensif et créatif pourrait être une valeur ajoutée dans la durée chez les Léopards.
Le poste de latéral gauche en sélection congolaise est donc probablement le plus béni. De Hérita Ilunga à Jordy Makengo, ce poste n’a jamais manqué d’occupant fiable. À chaque épouse et à chaque génération, les sélectionneurs ont toujours trouvé un profil qui assure et rassure. Et c’est parti pour durer.
Germain Ngoy





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